Le bayan fait
partie des accordéons chromatiques les plus poussés.
Comme l'accordéon dont il est issu, le bayan fonctionne sur
le principe de la libre vibration d'anches métalliques. Si
le principe provient de l'antiquité chinoise (2700 av. J.C.)
sa version moderne, œuvre du facteur d'orgue Cyrille Damian,
a vu le jour à Vienne, en 1829.
L'accordéon s'est répandu
partout en Europe et notamment en Russie où il connaît
une popularité sans précédent. Il suscite un
engouement jamais vu dans toutes les strates de la société.
Il subit en Russie un développement séparé
mais parallèle à celui du reste de l'Europe. Les plus
talentueux des facteurs d'instruments en firent une version chromatique
qu'ils baptisèrent bayan en l'honneur d'un grand barde russe
de l'antiquité.
En Russie, Le bayan s'est établi
en tant qu'instrument de concert sérieux dès la fin
du XIX e siècle. En effet, le système de soufflets
du bayan agit comme un archet permettant de tirer pleinement parti
des champs polyphoniques et harmoniques de l'instrument et sa facture
permet à l'instrumentiste de jouer des 2 mains conformément
à la partition écrite sans transposer ou arranger
la musique au préalable. Dès cette époque,
des professeurs entreprennent d'enseigner le jeu du bayan dans les
conservatoires du pays et d'enrichir ainsi le répertoire
classique de ses voix typiquement russes.
La demande n'a fait que s'accroître
depuis, pour cet instrument très jeune encore comparé
au violon, à la guitare, au piano…Depuis la révolution
d'octobre on organise des concours pan soviétiques de bayan
et il y a aujourd'hui de nombreux ensembles de bayans capables d'interpréter
la quasi-totalité du répertoire classique !
La renommée du bayan a, depuis
quelques décennies, franchi les frontières de la Russie.
Il figure en bonne place aux compétitions internationales
d'accordéon partout en Europe. |